Pagliacci de Leoncavallo et Cavalleria Rusticana de Mascagni
Robert Carsen (mise en scène), Lorenzo Viotti (direction) — Avec Brandon Jovanovich (Canio), Ailyn Pérez (Nedda), Anita Rachvelishvili (Santuzza), Rihab Chaieb (Lola)...
Casting
Robert Carsen — Mise en scène, création lumières
Radu Boruzescu — Décors
Annemarie Woods — Costumes
Peter van Praet — Création lumières
Programme
Probablement le diptyque le plus célèbre de l’histoire de l’opéra, Pagliacci de Ruggero Leoncavallo et Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni concentrent tous les ressorts du drame vériste : amour, infidélité, jalousie, trahison et meurtre. Ces deux œuvres emblématiques du verismo plongent dans la vie de gens ordinaires, où les passions exacerbées et les tempéraments brûlants du sud de l’Italie font éclater rivalités et désirs contrariés. Dans Pagliacci, la frontière entre la scène et la vie quotidienne se fissure dangereusement, tandis que Cavalleria rusticana confronte la violence des élans amoureux à la ferveur religieuse et au poids de la communauté.
Le metteur en scène Robert Carsen renverse la tradition en ouvrant la soirée avec Pagliacci et en développant un subtil jeu de théâtre dans le théâtre, interrogeant la nature même de la représentation : les émotions sont-elles jouées ou vécues ? Où commence la fiction, où s’arrête la réalité ? Lorsque les masques tombent, la vérité devient spectacle et le spectacle vérité, dans un univers dépouillé de tout folklore attendu – ni commedia dell’arte caricaturale, ni pittoresque sicilien. Entre ces deux mondes se tient le chœur, témoin et passeur, guidant le public dans cet espace trouble où, selon les mots de Luigi Pirandello, « le drame est en nous ; nous sommes le drame ».

