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compositeur

Henry Purcell

10 septembre 1659 - Londres (Royaume-Uni) — 21 novembre 1685 - Londres (Royaume-Uni)

Biographie

Henry Purcell est le plus grand compositeur anglais de son époque, et l'une des figures majeures de toute la musique baroque. En une vie brève, marquée par un art d'une originalité saisissante, il a servi trois souverains, illustré la musique sacrée comme le théâtre, et donné à l'Angleterre son premier grand opéra, Dido and Æneas. Maître inégalé dans l'art de mettre en musique la langue anglaise, créateur du semi-opéra, il incarne à lui seul l'âge d'or de la musique baroque anglaise. Cette biographie retrace le parcours d'un compositeur mort à 36 ans, au sommet de son génie.

Henry Purcell : compositeur baroque anglais par excellence

Jeunesse et formation

Henry Purcell naît vraisemblablement en 1659 à Westminster, dans une famille de musiciens au service de la Couronne. Son père est gentilhomme de la Chapelle royale et chante au couronnement de Charles II. Orphelin de père très jeune, l'enfant est élevé et formé par son oncle Thomas Purcell, lui aussi musicien. Le jeune Henry devient enfant de chœur de la Chapelle royale, où il reçoit une éducation musicale complète auprès des meilleurs maîtres de son temps, parmi lesquels John Blow, dont il sera bientôt l'égal puis le successeur. Prodige précoce, il se serait mis à composer dès l'âge de 10 ans.

Purcell au service de la monarchie anglaise

La carrière de Purcell est étroitement liée à la cour. En 1679, il succède à John Blow comme organiste de l'abbaye de Westminster, puis devient en 1682 organiste de la Chapelle royale. Chargé aussi de l'entretien des instruments du roi, il compose pour toutes les grandes occasions de la monarchie : anthems pour le couronnement de Jacques II, odes d'anniversaire pour la reine Marie, sans oublier l'émouvante musique funèbre écrite pour cette dernière en 1695. Purcell traverse ainsi les règnes de Charles II, Jacques II puis Guillaume III et Marie II, servant la musique de la nation dans ses moments les plus solennels.

Maître du théâtre et de la musique vocale

À partir de la fin des années 1680, Purcell se tourne de plus en plus vers la scène, où son génie dramatique éclate. Il compose pour le théâtre londonien une série d'ouvrages qui vont faire sa gloire, et met sa maîtrise inégalée de la prosodie anglaise au service de centaines de chansons, d'odes et de musiques de scène. C'est dans ce dialogue permanent entre la voix et le drame que Purcell donne le meilleur de lui-même, jusqu'à sa mort prématurée le 21 novembre 1695.

Purcell et la musique baroque anglaise

Purcell et les traditions musicales européennes

Purcell s'inscrit dans une riche tradition anglaise, celle de ses maîtres et prédécesseurs comme John Blow, Pelham Humfrey ou Matthew Locke, qui figurent parmi les grands compositeurs anglais de la période baroque. Mais son génie fut de savoir absorber aussi les influences venues du continent. Grand admirateur de la musique italienne, il en tira le modèle de la sonate et de la cantate. De la France de Lully, il emprunta l'ouverture à la française, la vigueur de la danse et l'usage d'un grand orchestre coloré. De cette synthèse, il créa une musique unique, profondément anglaise.

Le style de Purcell

Le style de Purcell se reconnaît d'abord à son extraordinaire sens de la déclamation : nul n'a su comme lui épouser les accents et le rythme de la langue anglaise. Sa musique se distingue par une invention mélodique généreuse, une harmonie audacieuse aux chromatismes saisissants et un usage magistral de la basse obstinée (ground bass), sur laquelle il bâtit certaines de ses pages les plus bouleversantes. De cette alliance naît un langage d'une originalité rare, qui n'appartient qu'à lui.

Héritage et redécouverte

Avec la mort de Purcell à 36 ans, l'Angleterre perd son plus grand musicien, et il faudra attendre plus de deux siècles pour qu'elle en produise un de cette envergure. Surnommé l' « Orphée britannique », Purcell exerça une influence durable, notamment sur les compositeurs de la renaissance musicale anglaise du 20e siècle. Benjamin Britten, en particulier, lui voua une admiration profonde : il dirigea Dido and Æneas et emprunta un thème d'une musique de scène de Purcell pour son célèbre Young Person's Guide to the Orchestra. Aujourd'hui, l'œuvre de Purcell est plus vivante que jamais sur les scènes du monde entier.

Les œuvres majeures de Purcell

Dido and Æneas et la musique pour la scène

Dido and Æneas est le chef-d'œuvre de Purcell et le premier grand opéra de l'histoire de la musique anglaise. Mais Dido and Æneas est-il vraiment un opéra ? Oui, et c'est même une exception dans sa production : c'est son seul ouvrage entièrement chanté, sans dialogue parlé, à la manière de l'opéra italien. Inspiré du livre IV de l'Énéide de Virgile, il se clôt sur la déchirante « lamentation de Didon », bâtie sur une basse obstinée, l'une des pages les plus célèbres de tout le répertoire lyrique.

Pour le reste de son théâtre, Purcell se consacra à un genre typiquement anglais : le semi-opéra. Quelle est la différence entre un semi-opéra et un opéra ? Dans l'opéra, tout est chanté du début à la fin ; le semi-opéra, lui, est une forme hybride qui alterne théâtre parlé et importants épisodes chantés, dansés et joués, souvent réservés aux personnages surnaturels, le tout rehaussé d'effets scéniques spectaculaires. Les Londoniens préféraient ce genre mêlé à l'opéra entièrement chanté, et Purcell en devint le maître incontesté avec quatre chefs-d'œuvre : Dioclesian (1690), King Arthur (1691), sur un livret de John Dryden, The Fairy Queen (1692), librement inspiré du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, et The Indian Queen (1695), laissé inachevé à sa mort et complété par son frère Daniel.

Musique vocale et sacrée

Musicien d'Église autant que de théâtre, Purcell a laissé une abondante musique sacrée, dominée par ses anthems, ces motets anglais dont plusieurs furent écrits pour les grandes cérémonies royales. Il composa également des odes profanes de circonstance, parmi lesquelles les splendides odes pour la Sainte-Cécile comme Hail! Bright Cecilia (1692), ainsi que plus d'une centaine de chansons qui firent de lui le plus grand mélodiste anglais de son temps.

Musique instrumentale

Enfin, Purcell n'a pas négligé la musique purement instrumentale. Ses Fantaisies pour violes, héritières de la vieille tradition anglaise du consort, comptent parmi les pages les plus profondes du genre, tandis que ses sonates en trio, publiées à partir de 1683, témoignent de son admiration pour le modèle italien. Une œuvre qui, dans tous les domaines, confirme la place de Purcell parmi les plus grands.

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