Concert

Claudio Abbado dirige la Symphonie n° 9 de Beethoven

Berliner Philharmoniker

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Casting

Sveriges Radiokören

Eric Ericson Chamber Choir

Berliner Philharmoniker

Claudio Abbado — Chef d'orchestre

Karita Mattila — Soprano

Violeta Urmana — Soprano

Thomas Moser — Ténor

Eike Wilm Schulte — Baryton

Programme

Abbado et l'Orchestre Philharmonique de Berlin dans l'intégrale des symphonies de Beethoven : l'apothéose de la Neuvième…

Avec la Cinquième Symphonie, la Symphonie n°9 en ré mineur, op.125 est la plus célèbre et la plus populaire de toute la musique. Sa durée inédite (1h10, dont 25 min. pour le seul final), l'adjonction de solistes et de chœurs, le choix de l'Ode à la joie de Schiller, son exceptionnelle réussite, tout concourt à sa renommée : la Neuvième est le « big bang » de la symphonie. On ne peut d'ailleurs qu'admirer le courage de ceux qui se sont aventurés après Beethoven sur ce terrain, Wagner affirmant par exemple que la Neuvième était « la dernière symphonie ». Elle est en tout cas la dernière du compositeur, longuement mûrie, (elle est achevée plus de dix ans après la Huitième) et longuement ébauchée. Dès 1793, Beethoven a eu l'idée de mettre en musique l'Ode à la joie de Schiller, et il avait envisagé de conclure la Pastorale par un chœur. Créée le 7 mai 1824 à Vienne, elle est dédiée « À sa Majesté le Roi de Prusse Frédéric Guillaume III ». Apothéose grandiose, elle sublime l'art de Beethoven dans sa totalité, en étant l'œuvre la plus universelle, et la plus immédiatement comprise, jamais écrite.

« Avec Beethoven, on n'a jamais fini d'apprendre ». C'est ce qu'affirme Claudio Abbado qui a sans cesse remis sur le métier l'œuvre symphonique du maître de Bonn (1770-1827). Même s'il a été directeur de la Scala pendant plus de quinze ans, ce qui lui a valu la renommée d'un chef d'opéra hors pair, le répertoire allemand et viennois lui est familier depuis ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne.

Il fait ses premières armes de chef à la Scala à vingt-sept ans, à l'occasion du tricentenaire d'Alessandro Scarlatti. Puis, c'est le Premier Prix au Concours Mitropoulos à New York, l'invitation de Karajan à diriger à Salzbourg et ses débuts devant l'Orchestre Philharmonique de Vienne avec la Deuxième Symphonie de Mahler. C'est avec ce même orchestre qu'il enregistrera de 1985 à 1988 sa première intégrale des symphonies de Beethoven.

Ses relations avec la formation viennoise connaissent des hauts et des bas, contrairement à celles qu'il noue avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin en 1966. Trente ans plus tard, en 1989, il prendra la succession de Karajan à la tête de la prestigieuse phalange, poste qu'il conservera jusqu'en 2002. Avec les musiciens berlinois, il enregistre pour la seconde fois l'intégrale des symphonies de Beethoven (Deutsche Grammophon, 2000) puis la donne en concert à l'Académie Sainte Cécile de Rome du 5 janvier au 15 février 2001. C'est cette série mémorable que nous retrouvons ici.

Ce monument auquel est tant attaché Claudio Abbado, Beethoven l'a bâti en moins d'un quart de siècle, de 1799 à 1823 : il écrit la Première symphonie à trente ans, la Neuvième à cinquante-quatre.

Si ce monument est imposant, il est familier : les symphonies de Beethoven représentent dans la musique occidentale ce qui parle le plus immédiatement au public le plus large. Pour cette raison, elles ont été largement utilisées à des fins politiques (l'Ode à la joie de la Neuvième est l'hymne officiel européen), commerciales (la publicité) ou cinématographiques (Orange mécanique de Stanley Kubrick, entre autres).

Symboles de liberté, actes d'indépendance, elles représentent un formidable pari sur la dignité de l'homme, qui, en retour, se reconnaît en chacune d'elles. C'est ainsi qu'Abbado dirige ces symphonies, avec une majesté qui préfère le sublime à l'émotion immédiate. Et grâce aux sonorités inouïes qu'il tire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, la beauté devient une victoire de l'homme.

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