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Claudio Abbado dirige la Symphonie n°1 de Beethoven

Berliner Philharmoniker

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L'exquise esquisse ou la Première symphonie

La Symphonie n°1 en ut majeur op.21, que dirige Abbado à Rome, est créée à Vienne en 1800 sous la direction d'un Beethoven de trente ans. À l'orchestre Mozart ou Haydn qui ne sont pas très loin, (l'œuvre est composée cinq ans après la dernière du genre de Haydn et douze ans après la Jupiter de Mozart), Beethoven rajoute des clarinettes. L'accueil du public sera enthousiaste, mais la critique indignée reprochera au compositeur d'avoir écrit une « musique de militaire » (les clarinettes). À nos oreilles aujourd'hui, elle sonne comme une « exquise esquisse » (merci Gainsbourg) de ce que seront les œuvres futures.

« Avec Beethoven, on n'a jamais fini d'apprendre »

C'est ce qu'affirme Claudio Abbado qui a sans cesse remis sur le métier l'œuvre symphonique du maître de Bonn (1770-1827). Même s'il a été directeur de la Scala de Milan pendant plus de quinze ans, ce qui lui a valu la renommée d'un chef d'opéra hors pair, le répertoire allemand et viennois lui est familier depuis ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne.

Il fait ses premières armes de chef à la Scala à vingt-sept ans, à l'occasion du tricentenaire d'Alessandro Scarlatti. Puis, c'est le Premier Prix au Concours Mitropoulos à New York, l'invitation de Karajan à diriger à Salzbourg et ses débuts devant l'Orchestre Philharmonique de Vienne avec la Deuxième Symphonie de Mahler. C'est avec ce même orchestre qu'il enregistrera de 1985 à 1988 sa première intégrale des symphonies de Beethoven.

Mais ses relations avec la formation viennoise connaissent des hauts et des bas, contrairement à celles qu'il noue avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin en 1966. Trente ans plus tard, en 1989, il prendra la succession de Karajan à la tête de la prestigieuse phalange, poste qu'il conservera jusqu'en 2002. Avec les musiciens berlinois, il enregistre pour la seconde fois l'intégrale des symphonies de Beethoven (Deutsche Grammophon, 2000) puis la donne en concert à l'Académie Sainte Cécile de Rome du 5 janvier au 15 février 2001. C'est cette série mémorable qui a été filmée à Rome, à l'exception de la Neuvième Symphonie captée elle à Berlin.

Le monument beethovenien

Ce monument auquel est tant attaché Claudio Abbado, Beethoven l'a bâti en moins d'un quart de siècle, de 1799 à 1823 : il écrit la Première symphonie à trente ans, la Neuvième à cinquante-quatre. Avec Beethoven, s'éteint l'ère des symphonistes qui composaient, tel Haydn, jusqu'à une centaine de symphonies. Dorénavant les musiciens livreront une dizaine de symphonies, chacune étant parée de sa propre personnalité.

Ce monument, s'il est imposant, est familier : les symphonies de Beethoven représentent dans la musique occidentale ce qui parle le plus immédiatement au public le plus large. Pour cette raison, elles ont été largement utilisées à des fins politiques (l'Ode à la joie de la Neuvième est l'hymne officiel européen), commerciales (la publicité) ou cinématographiques ( Orange mécanique de Stanley Kubrick, entre autres).

Symboles de liberté, actes d'indépendance, elles représentent un formidable pari sur la dignité de l'homme, qui, en retour, se reconnaît en chacune d'elles. C'est ainsi qu'Abbado dirige ces œuvres, avec une majesté qui préfère le sublime à l'émotion immédiate. Et grâce aux sonorités inouïes qu'il tire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, la beauté devient une victoire de l'homme.

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