Description
La voix de contralto est la voix la plus grave de toutes les voix de femme. Elle se distingue par sa tessiture profonde, riche et enveloppante, parfois comparée à celle d’un contre-ténor ou même d’un baryton masculin. D’un point de vue technique, la voix de contralto couvre généralement une plage de notes allant du fa grave (F3) au la aigu (A5), voire au-delà pour les voix les plus étendues, ce qui ne l’empêche pas d’atteindre souvent certains aigus surprenants.
Contrairement à l’alto, qui désigne souvent une voix de femme ou d’enfant dans un chœur, la voix de contralto est une catégorie vocale soliste à part entière, destinée à interpréter des rôles rares et de caractère. Dans un chœur, une voix de contralto chanterait une partie d’alto. Sur scène, elle prend un rôle spécifique qui nécessite une puissance et une couleur particulièrement sombres.
Sa place parmi les tessitures
Parmi les voix féminines, la voix de contralto se situe en dessous de la mezzo-soprano et de la soprano. La voix de mezzo-soprano, bien qu’assez grave, possède une tessiture plus légère et plus flexible à découvrir sur medici.tv dans cette playliste dédiée, tandis que la soprano se déploie plus largement dans les aigus, avec une agilité déconcertante à admirer dans cette playliste dédiée aux sopranos légendaires. La voix de contralto se caractérise par une présence vocale imposante, capable de rivaliser avec certaines voix masculines. Elle partage en cela, quoique ayant parfois une tessiture plus grave encore, des similitudes avec la voix de contre-ténor, qui utilise le registre de tête et une technique spécifique pour atteindre des notes aiguës.
Certaines voix de contralto peuvent évoquer les inflexions des voix masculines de ténor et de baryton, tout en restant davantage mobiles et flexibles. Elles peuvent ainsi, à loisir, interpréter des rôles masculins ou féminins, dans tous les registres existants.
Les contraltos célèbres, d’hier à aujourd’hui
L’histoire de la musique classique regorge de chanteuses contralto fascinantes et iconiques. Les premiers enregistrements au début du 20e siècle ont notamment permis d’immortaliser la voix de Kathleen Ferrier et celle, chaleureuse et pleine de caractère, de Marian Anderson. À la croisée des genres, la première eut à cœur de remettre au goût du jour les Folks Songs anglaises, tandis que la seconde s’est fait la voix des chants « negro spirituals ». Ferrier a également livré des interprétations de référence des Lieder de Mahler. Elles font partie de ces grandes dames de l’opéra.
Aujourd’hui, des contraltos célèbres comme Sara Mingardo, Marie-Nicole Lemieux ou encore Delphine Galou perpétuent cette tradition avec brio en proposant au public des interprétations généreuses de rôles aussi divers que la préceptrice dans Iolanta de Tchaïkovski ou l'héroïne tragique du Viol de Lucrèce. Leur répertoire s’étend de l’opéra baroque aux créations contemporaines, démontrant la vitalité, l’adaptabilité et la modernité du répertoire qui leur est dédié.
Le répertoire pour contralto : de l’opéra aux œuvres concertantes
À l’opéra, la voix de contralto brille particulièrement dans des rôles complexes et sombres : sorcières, reines, figures magiques. Parmi les plus emblématiques, citons la voyante Ulrica dans Un ballo in maschera de Verdi ou la divinité primitive Erda dans L’Anneau du Nibelung de Wagner. Ces personnages, souvent liés à la sagesse, à la magie ou au pouvoir, tirent leur force de la personnalité très incarnée de la voix de contralto. Ce type de voix est également particulièrement adapté pour interpréter les grandes figures tragiques, comme la veuve Cornelia dans Giulio Cesare de Haendel. On nomme les chanteuses qui interprètent ce type de rôle des contraltos dramatiques.
L’air d’opéra pour contralto « O don fatale » de Verdi, ou encore l’« Urna fatale » de Rossini font partie des morceaux de référence dédiés à cette tessiture. Ils sont, dans les deux cas, des jalons tragiques forts dans la dramaturgie des livrets. Citons encore « Che farò senza Euridice » de Gluck, parfois chanté par un contre-ténor — ce dernier étant souvent considéré comme l’un des plus difficiles en raison de l’étendue de sa tessiture.
En dehors de l’opéra, le répertoire pour contralto est particulièrement riche dans le répertoire vocal liturgique, comme dans certaines très belles pages de la Passion selon saint Matthieu de J.S. Bach. Elles lui offrent des airs sublimes comme le « Erbarme dich », dans lequel la voix de contralto se fait l’incarnation-même de la douleur. Les symphonies de Mahler, comme la Symphonie n° 2 « Résurrection » ou la Symphonie n° 3, lui consacrent des solos qui mettent en valeur sa puissance hors norme, tandis que certains Lieder de Schubert ou de Schumann, bien que souvent écrits pour mezzo-sopranos, prennent une couleur particulièrement dramatique lorsqu’ils sont interprétés par des voix de contralto.
Les plus grands airs pour contralto à écouter sur medici.tv
Pour explorer ce répertoire fascinant, sur medici.tv, nous vous proposons des centaines d’opéras, de concerts et de playlistes dédiées à celles qui ont sublimé le répertoire pour contralto. Une riche sélection qui permet de naviguer parmi les concerts les plus incontournables des dernières années et de faire connaissance avec les meilleures contraltos de tous les temps. Vous y découvrirez par exemple un récital de l’immense contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux et sa compatriote Karina Gauvin, interprétant certains des plus beaux extraits des oratorios de Haendel. medici.tv vous permet également de visionner un hommage sublime au Couronnement de Poppée de Monteverdi avec la contralto Anthea Pichanick et le contre-ténor Philippe Jarrousky. Vous pourrez encore admirer la contralto Nathalie Stutzmann dans la Symphonie n° 3 de Mahler au Verbier Festival 2016.
Côté opéra, ne manquez pas de retrouver la grande Delphine Galou en Andronico dans le Tamerlano de Haendel, mis en scène par Pierre Audi, qui concentre à lui-seul une intensité dramatique non égalée dans l’opéra baroque. C’est aussi l’occasion également d’écouter la contralto Sara Mingardo dans le rôle de la messagère dans l’Orfeo de Monteverdi. Enfin, la playlist « Magnifiques mezzo-sopranos » offre un panorama très complet des voix graves féminines.