
L'intégrale des symphonies de Beethoven par Claudio Abbado
Avec l'Orchestre philharmonique de Berlin
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« Avec Beethoven, on n’a jamais fini d’apprendre. » C'est ce qu'affirme Claudio Abbado qui a sans cesse remis sur le métier l’œuvre symphonique du maître de Bonn (1770-1827). Même s’il a été directeur de la Scala de Milan pendant plus de 15 ans, ce qui lui a valu la renommée d’un chef d’opéra hors pair, les répertoires allemand et viennois lui sont familiers depuis ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne.
En 1989, il prendra la succession du grand Herbert von Karajan à la tête de la prestigieuse phalange, poste qu’il conservera jusqu’en 2002. Avec les musiciens berlinois, il enregistre pour la seconde fois l’intégrale des symphonies de Beethoven (Deutsche Grammophon, 2000) puis la donne en concert à l’Académie Sainte Cécile de Rome du 5 janvier au 15 février 2001. C’est cette série mémorable qui a été filmée à Rome, à l’exception de la Symphonie n° 9, captée, elle, à Berlin.
Le monument beethovenien
Ce monument auquel est tant attaché Claudio Abbado, Beethoven l’a bâti en moins d’un quart de siècle, de 1799 à 1823 : il écrit sa Symphonie n° 1 à 30 ans, sa Neuvième à 54. Avec Beethoven s’éteint l’ère des symphonistes qui composaient, tel Haydn, jusqu’à une centaine de symphonies. Dorénavant les musiciens livreront une dizaine de symphonies, chacune étant parée de sa propre personnalité.
Ce monument, s’il est imposant, est familier : les symphonies de Ludwig van Beethoven représentent dans la musique occidentale ce qui parle le plus immédiatement au public le plus large. Pour cette raison, elles ont été largement utilisées à des fins politiques (l’Ode à la joie de la Neuvième est l’hymne officiel européen), commerciales (la publicité) ou cinématographiques (Orange mécanique de Stanley Kubrick, entre autres).
Symboles de liberté, actes d’indépendance, elles représentent un formidable pari sur la dignité de l’homme, qui, en retour, se reconnaît en chacune d’elles. C’est ainsi qu’Abbado dirige ces œuvres, avec une majesté qui préfère le sublime à l’émotion immédiate. Et grâce aux sonorités inouïes qu'il tire de l’Orchestre philharmonique de Berlin, la beauté devient une victoire de l’homme.
« Avec Beethoven, on n’a jamais fini d’apprendre. » C'est ce qu'affirme Claudio Abbado qui a sans cesse remis sur le métier l’œuvre symphonique du maître de Bonn (1770-1827). Même s’il a été directeur de la Scala de Milan pendant plus de 15 ans, ce qui lui a valu la renommée d’un chef d’opéra hors pair, les répertoires allemand et viennois lui sont familiers depuis ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne.
En 1989, il prendra la succession du grand Herbert von Karajan à la tête de la prestigieuse phalange, poste qu’il conservera jusqu’en 2002. Avec les musiciens berlinois, il enregistre pour la seconde fois l’intégrale des symphonies de Beethoven (Deutsche Grammophon, 2000) puis la donne en concert à l’Académie Sainte Cécile de Rome du 5 janvier au 15 février 2001. C’est cette série mémorable qui a été filmée à Rome, à l’exception de la Symphonie n° 9, captée, elle, à Berlin.
Le monument beethovenien
Ce monument auquel est tant attaché Claudio Abbado, Beethoven l’a bâti en moins d’un quart de siècle, de 1799 à 1823 : il écrit sa Symphonie n° 1 à 30 ans, sa Neuvième à 54. Avec Beethoven s’éteint l’ère des symphonistes qui composaient, tel Haydn, jusqu’à une centaine de symphonies. Dorénavant les musiciens livreront une dizaine de symphonies, chacune étant parée de sa propre personnalité.
Ce monument, s’il est imposant, est familier : les symphonies de Ludwig van Beethoven représentent dans la musique occidentale ce qui parle le plus immédiatement au public le plus large. Pour cette raison, elles ont été largement utilisées à des fins politiques (l’Ode à la joie de la Neuvième est l’hymne officiel européen), commerciales (la publicité) ou cinématographiques (Orange mécanique de Stanley Kubrick, entre autres).
Symboles de liberté, actes d’indépendance, elles représentent un formidable pari sur la dignité de l’homme, qui, en retour, se reconnaît en chacune d’elles. C’est ainsi qu’Abbado dirige ces œuvres, avec une majesté qui préfère le sublime à l’émotion immédiate. Et grâce aux sonorités inouïes qu'il tire de l’Orchestre philharmonique de Berlin, la beauté devient une victoire de l’homme.
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L’intégrale des symphonies de Beethoven par Claudio Abbado : une version d’anthologie
L’intégrale des symphonies de Beethoven enregistrée par Claudio Abbado et l’Orchestre philharmonique de Berlin offre une lecture unique et particulièrement aboutie de l’œuvre symphonique du compositeur allemand. Chaque symphonie y révèle sa singularité tout en participant à un panorama cohérent, témoignage vibrant de l’évolution stylistique et dramatique de Beethoven.
Puissance héroïque des premières œuvres, romantisme chatoyant des symphonies de maturité : dans ce projet, l’orchestre et le chef forment un duo complice qui clarifie les lignes et les élans de la musique de Beethoven sans rien lui enlever de sa subtilité et de son immense pouvoir d’émotion. Les vidéos des symphonies de Beethoven par Abbado sont disponibles sur medici.tv et constituent une ressource précieuse pour suivre, pas à pas, le cheminement des neuf symphonies, au cœur du répertoire classique.
La place de Beethoven dans l’œuvre de Claudio Abbado
« Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai l'impression d’entendre ses sonates ou ses trios. Sans faire trop de déterminisme, je pense qu’il est normal qu’un premier vrai souvenir musical d’enfance ne vous quitte jamais » disait Abbado à propos de l’œuvre de Beethoven.
L’œuvre du grand compositeur allemand occupe une place centrale et même cyclique dans la carrière d’Abbado, qui n’a de cesse d’y revenir et d’interroger l’intégrale de ses symphonies à la lueur de son expérience. À l'époque de ce cycle, il a déjà dirigé et enregistré l’intégrale des symphonies de Beethoven avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. C’est à la lecture d’une nouvelle édition critique des partitions de la musique de Beethoven par Jonathan Del Mar qu’Abbado décide, à la fin des années 1990, de réenregistrer une intégrale. Ce n’est pourtant pas la fin de sa quête artistique, puisqu’il récidive avec l’Orchestre du Festival de Lucerne près de 10 ans plus tard.
De la musique de Beethoven, il n’explore pas uniquement les symphonies. Il enregistre également certaines des plus belles pages jamais enregistrées de ses concertos pour piano avec Maurizio Pollini, livre de nombreuses interprétations de la Missa Solemnis et s’approprie régulièrement toutes ses ouvertures pour orchestre.
La relation avec l’Orchestre philharmonique de Berlin
À son arrivée à l’Orchestre philharmonique de Berlin, Claudio Abbado est déjà une figure incontestée de la direction d’orchestre. Sa carrière, marquée par des succès à la tête de l’Orchestre de La Scala de Milan, du London Symphony Orchestra et de l’Orchestre philharmonique de Vienne, parle pour lui. Pourtant, sa nomination surprend : il succède à Herbert von Karajan, qui a dirigé l’orchestre pendant plus de 30 ans. Leur approche, notamment sur la cohésion et la pratique musicale, semble à première vue radicalement différente.
Partout où il est passé, Abbado a cherché à élargir les horizons et les répertoires des orchestres qu’il a dirigés, en particulier dans le domaine de l’opéra. C’est d’ailleurs à cet art qu’il reste le plus associé, ayant notamment intégré de grandes œuvres lyriques du 20e siècle au répertoire de La Scala, comme Œdipus Rex de Stravinsky (1969), Wozzeck de Berg (1971), Erwartung de Schönberg (1980) et Prometeo de Luigi Nono (1985).
À Berlin, il poursuit cette démarche d’ouverture : il utilise la petite salle de la Philharmonie pour proposer des programmes plus expérimentaux, invite certains musiciens à diriger eux-mêmes, et privilégie une approche collaborative de l’écoute et de l’interprétation. C’est pour lui une manière de nouer un lien émotionnel et musical profond avec sa phalange, qui peut se ressentir dans les interprétations, les enregistrements et les concerts.
La fin des années 1990 marque pour Abbado une période de maturité qui le pousse à revenir aux fondamentaux. Dans ce contexte, il décide d’enregistrer, chez Deutsche Grammophon, les 9 symphonies de Beethoven avec l’orchestre qu’il dirige depuis 10 ans déjà, et auquel il est particulièrement attaché. Pour ce projet, il veut faire de l’Orchestre philharmonique de Berlin une phalange souple, réactive et qui porte une attention constante aux nuances et aux strates sonores, à l’inverse de certaines interprétations plus monolithiques qui ont été faites de ce répertoire. Les enregistrements qui en découlent captent l’aboutissement de la relation entre Abbado et le Philharmonique de Berlin, et sont surtout le reflet de l’évolution de la pensée musicale à la fin du 20e siècle, entre fidélité au texte et liberté interprétative.
Réception critique de l’intégrale
L’intégrale des symphonies de Beethoven par l’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado a été unanimement saluée par une critique très agréablement surprise : malgré une partition déjà largement explorée, cette interprétation révèle des leviers d’expression, une subtilité nouvelle liée à des choix de tempo audacieux, et une originalité saisissante dans le traitement des lignes rythmiques et mélodiques.
Mais c’est surtout l’osmose exceptionnelle entre Claudio Abbado et son orchestre et la complicité évidente entre les musiciens, qui ont profondément marqué les esprits, faisant de ces enregistrements une référence parmi les grands cycles symphoniques.
Aux premiers émois critiques succèdent rapidement les triomphes publics liés aux grands concerts de l’intégrale des symphonies de Beethoven donnés à Rome par Abbado et l’Orchestre philharmonique de Berlin, quelques mois après la sortie du disque. Le succès est retentissant : chaque représentation se termine sous une ovation, la presse est dithyrambique.
Abbado abandonne ici le pupitre de cordes habituellement très fourni pour se concentrer, non sur la quantité des musiciens, mais sur l’intensité dramatique et lyrique des partitions, magnifiée par la réactivité fulgurante de sa phalange. La Repubblica parle alors du « meilleur cycle symphonique de la dernière décennie » tandis que des critiques comme Richard Osborne, dans Gramophone, soulignent une approche « plus rapide, aux couleurs plus légères, plus italienne dans son esprit », où « la logique rythmique et la transparence orchestrale rappellent l’audace de compositeurs obsessionnels comme Rossini, Stravinsky ou Prokofiev. En libérant Beethoven des conventions, Abbado lui redonne une luminosité moderne, tout en respectant la profondeur de son langage ».
Les neuf symphonies de Beethoven : un trésor du répertoire
Pour Abbado, chaque symphonie de Beethoven est un univers à part entière, où se mêlent tension dramatique et audace formelle. La contrainte initiale de la forme symphonique – la structure classique à plusieurs mouvements, l’orchestre imposant et fourni, l’alternance de tempos vifs et lents – offre au compositeur la possibilité de sortir du cadre et de faire preuve d’une liberté créatrice nouvelle. Dans son interprétation, Abbado poursuit la même quête de liberté : derrière la multitude des timbres, il cherche à révéler la délicatesse des mélodies des trios qui l’ont bercé dans son enfance, tout en mettant en valeur les audaces formelles qui ont fait de Beethoven un révolutionnaire du son et de la forme.
Écouter ces symphonies dans l’ordre chronologique devient alors une expérience essentielle : elles retracent l’évolution stylistique de Beethoven, du classicisme vers le romantisme, tout en reflétant ses doutes, ses triomphes et ses idéaux républicains. Au-delà de la musique, elles offrent un miroir des bouleversements philosophiques et artistiques qui ont marqué le 19e siècle.
- La Symphonie n° 1 de Beethoven, encore teintée de l’influence de Haydn et Mozart, marque le début du style beethovénien. Son inhabituelle introduction lente rompt déjà avec les conventions classiques.
- La Symphonie n° 2 introduit des contrastes dramatiques et des modulations plus riches, préfigurant l’audace formelle de la Troisième.
- La Symphonie n° 3, dite « Héroïque », marque une rupture décisive avec la tradition classique dont Beethoven s’était déjà bien éloigné. Le deuxième mouvement et le final fugué introduisent une dimension philosophique et héroïque, qui redéfinit la symphonie comme un genre narratif. Cette symphonie est aujourd’hui encore considérée comme sa première œuvre romantique.
- La Symphonie n° 4, plus délicate et pleine d’humour, est une œuvre aussi élégante que mystérieuse. Beethoven y travaille les subtilités des timbres, les dialogues et les jeux entre les instruments.
- La Symphonie n° 5 se définit entièrement par son motif rythmique obsédant (les quatre notes du destin) resté l’un des plus célèbres de l’histoire. La structure cyclique (le motif revient dans tous les mouvements, dans une lutte pour sa survie) et le final triomphant célèbrent la musique comme langage universel.
- La Symphonie n° 6, la « Pastorale », évoque la nature avec un art de la narration hors du commun, presque pictural. Elle est ainsi considérée comme une symphonie « descriptive » et inclut des éléments chers aux futurs romantiques : des thèmes traditionnels et rustiques.
- La Symphonie n° 7, est une célébration de la danse, de l’énergie vitale et une exploration audacieuse de la rythmique. Le final, d’une frénésie presque primitive, pousse l’orchestre jusqu’à ses limites. Wagner la qualifiera d’« apothéose de la danse ».
- Plus courte et pleine d’humour, la Symphonie n° 8 contraste avec la grandeur de certaines des symphonies précédentes. Les jeux de tempo et d’accents (dans le Scherzo notamment) révèlent un Beethoven ironique et virtuose. Une œuvre de transition vers la radicalité de la Neuvième.
- Enfin, la Symphonie n° 9 de Beethoven intègre pour la première fois un chœur et des solistes dans un finale (l’Ode à la Joie de Schiller). Son message humaniste (« Tous les hommes deviennent frères ») en fait un symbole universel. Elle ouvre la voie aux symphonies monumentales de Mahler et Bruckner. Dans cette perspective, découvrez sur medici.tv notre playliste dédiée aux plus grandes œuvres symphoniques du répertoire.





