
Contre-ténors de haut vol
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De grands maîtres du 18e siècle comme Haendel et Purcell mais aussi des artistes plus proches de nous tels que Benjamin Britten, George Benjamin ou la compositrice Unsuk Chin ont mis à profit leur voix exceptionnelle. Les contre-ténors… Cette tessiture si spéciale, l’une des plus aigues pour les hommes, différente encore de celle, aujourd’hui disparue, des castrats, éblouit depuis des siècles le public par son caractère léger, éthéré, cristallin.
Retrouvez dans cette playliste quelques-uns des grands contreténors de notre époque : Philippe Jaroussky, Bejun Mehta, Jakub Józef Orliński et bien d’autres, dans des œuvres baroques aussi bien que contemporaines !
De grands maîtres du 18e siècle comme Haendel et Purcell mais aussi des artistes plus proches de nous tels que Benjamin Britten, George Benjamin ou la compositrice Unsuk Chin ont mis à profit leur voix exceptionnelle. Les contre-ténors… Cette tessiture si spéciale, l’une des plus aigues pour les hommes, différente encore de celle, aujourd’hui disparue, des castrats, éblouit depuis des siècles le public par son caractère léger, éthéré, cristallin.
Retrouvez dans cette playliste quelques-uns des grands contreténors de notre époque : Philippe Jaroussky, Bejun Mehta, Jakub Józef Orliński et bien d’autres, dans des œuvres baroques aussi bien que contemporaines !
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Un air de mystère entoure encore aujourd’hui la voix des contre-ténors. Pourtant devenue la grande coqueluche des scènes internationales depuis la fin du 20e siècle, elle suscite une admiration souvent teintée d’incrédulité : comment obtient-on une voix aussi souple, aussi chaleureuse et habile dans les aigus chez un chanteur ? Quel est le secret de ce chant au charme déroutant ?
Déjà adulés en leur temps, les castrats, ancêtres s’il en est de nos contre-ténors actuels, réalisaient des carrières à la hauteur de leur don. Carlo Broschi, surnommé Farinelli, fut l’un des artistes fétiches des têtes couronnées de France et d’Espagne, notamment du roi Philippe V, qui ne pouvait s’endormir sans l’entendre chanter. Mais contrairement aux contre-ténors d’aujourd’hui, leur secret était connu de tous : ils étaient castrés à l’âge de 11 ans et ne muaient jamais.
Plusieurs siècles plus tard, comment les contre-ténors défient-ils toujours les lois de la nature ? medici.tv lève le voile.
Qu’est-ce que la voix de contre-ténor ?
Un contre-ténor n’est ni un ténor qui force dans les aigus, ni un sopraniste perché dans les stratosphères du falsetto. C’est un homme dont la voix, grâce à une technique vocale rigoureuse, atteint des notes habituellement réservées aux femmes, sans basculer dans un registre de tête pur. Sa tessiture, généralement située entre le sol2 et le do5, lui permet d’aborder des rôles écrits pour les castrats du 18e siècle ou pour des héroïnes baroques.
Pour comprendre ce phénomène, il faut plonger dans l’anatomie vocale. Les cordes vocales d’un contre-ténor ne diffèrent pas de celles des autres hommes. La magie opère grâce à trois éléments clés :
- La voix mixte, c’est-à-dire un mélange entre voix de tête et voix de poitrine, un équilibre subtil entre la puissance des résonances thoraciques et la légèreté des harmoniques crâniennes, qui donne à la voix une sonorité à la fois charnue et aérienne ;
- Le contrôle du larynx, maintenu bas pour éviter l’étranglement des aigus ;
- La respiration, inspirée des chanteurs baroques, où le souffle est économisé pour permettre des phrases musicales d’une longueur vertigineuse.
Une voix à la croisée de toutes les autres
Contrairement aux voix de femmes, qui peuvent par nature atteindre des notes plus hautes, la technique du contre-ténor lui permet de conserver une sonorité charnue, riche et masculine, même dans les aigus. Elle est généralement capable d’atteindre les tessitures d’une mezzo-soprano, c’est-à-dire une voix qui évolue dans le registre moyen pour une voix de femme. Le contre-ténor évolue parfois dans les mêmes sphères que l’alto ou le contralto, les voix de femmes dont la tessiture naturelle est la plus grave.
Un sopraniste, en revanche, chante presque exclusivement en falsetto (ou voix de tête pure). Sa voix est plus légère, plus cristalline et peut atteindre des notes encore plus aiguës que celles d’un contre-ténor, mais avec un timbre moins charnu. Au contraire du contre-ténor, les autres voix masculines couvrent quant à elles des tessitures plus graves, avec des timbres et des rôles adaptés à leur puissance naturelle. Ainsi, le ténor constitue une voix aiguë naturelle pour un homme, le baryton constitue une voix intermédiaire (la 2 – sol 4) assez polyvalente tandis que la voix de basse est la voix masculine la plus grave (mi 2 – mi 4). Vous pouvez découvrir ces voix plus graves dans cette playliste dédiée sur medici.tv.
Les contre-ténors modernes : du renouveau à la starification
Quelque peu oubliée pendant le 19e siècle, la voix de contre-ténor a connu un renouveau dans les années 1950 grâce à l’un de ses plus fervents défenseurs, le contre-ténor Alfred Deller. Elle est aujourd’hui incarnée par certains des plus grands chanteurs de notre époque : Philippe Jarrousky, dont les interprétations virtuoses de rôles baroques, notamment dans les opéras de Haendel et Vivaldi, ont marqué l’histoire du genre, mais aussi Andreas Scholl dont les enregistrements ont contribué à populariser le contre-ténor auprès du grand public. Plus récemment, le jeune Polonais Jakub Józef Orliński a contribué à renouveler l’image scénique du contre-ténor et sa capacité à mélanger les esthétiques.
Les grands rôles du contre-ténor
À l’opéra…
À l’opéra, le contre-ténor ne se contente pas d’exister : il a réinventé des rôles, redonné vie à des œuvres oubliées et même inspiré des compositeurs modernes. Certains personnages, écrits à l’origine pour des castrats, ont trouvé en lui leur héritier naturel. D’autres, créés spécialement pour cette tessiture, ont repoussé les limites de sa vocalité.
Par exemple, dans le Xerxès (Serse) de Haendel, le rôle d’Arsamene, le frère du roi de Perse, est incarné par une voix de contre-ténor. Lorsqu’Arsamene tombe amoureux, son chant d’amour, « Ombra mai fu », l’un des plus célèbres airs du répertoire, dégage une mélancolie et une douceur presque androgynes, offrant un contraste bienvenu à la puissance de Serse. Cet air incarné et poétique a été l’un des premiers à populariser le contre-ténor auprès du grand public.
Il est impossible d’évoquer les grands rôles pour contre-ténor sans parler de celui d’Orphée dans Orphée et Eurydice de Gluck. Orphée incarne un héros mythologique descendu aux Enfers pour ramener Eurydice, sa bien-aimée. Mi-homme, mi-dieu, c’est une figure aussi charmante qu’ambivalente. Incarné par un contre-ténor à la place du castrat d’origine, le rôle développe une ambiguïté passionnante, notamment dans l’air « Che farò senza Euridice » dont la plainte se mue peu à peu en un véritable sanglot.
Dans Giulio Cesare de Haendel, le rôle-titre est un grand classique du répertoire pour contre-ténor. César n’est pas seulement un conquérant : c’est un homme passionné, capable de séduction et de ruse. Les airs comme « Vedrò con mio diletto » ou « Se in fiorito ameno prato » exigent une virtuosité à toute épreuve (vocalises, sauts d’octave) mais aussi une endurance hors du commun sur toute la durée de l’opéra.
Plus proche de nous, l’Akhnaten de Philip Glass est une œuvre contemporaine écrite spécifiquement pour contre-ténor. Elle raconte l’histoire du pharaon Akhenaton, qui imposa le culte d’un dieu unique en Égypte. Le rôle-titre est un défi technique et d’interprétation : il exige une voix capable de tenir sur des notes longues, en même temps qu’une précision implacable dans les passages les plus aigus. Ce rôle consacre la voix de contre-ténor comme essentielle et légitime dans le répertoire contemporain.
Et ailleurs !
Le contre-ténor s’illustre aussi loin des scènes lyriques et dans un répertoire de plus en plus vaste, depuis la cantate jusqu’à la création contemporaine. Dans la musique sacrée, il interprète « Erbarme dich » de la Passion selon saint Matthieu de Bach ou « But who may abide » du Messie de Haendel, deux airs où sa tessiture s’impose naturellement. Les cantates baroques, comme « Ich habe genug » de Bach ou le « Nisi Dominus » de Vivaldi, lui réservent des solos exigeants. Les mélodies, qu’il s’agisse du cycle Winterreise de Schubert ou A Charm of Lullabies de Britten, l’intègrent à un répertoire où sa voix haute se déploie en miroir des voix plus graves. La musique de chambre, avec des pièces comme « Music for a While » de Purcell ou les airs pour luth de Dowland, l’associe à des ensembles qui subliment la rondeur de son timbre. Les œuvres contemporaines, comme Mystères du Macabre de Ligeti ou The Tempest d’Adès, lui confient également des partitions de plus en plus audacieuses.
Découvrez les plus belles voix de contre-ténor sur medici.tv
medici.tv offre un accès illimité à des captations d’opéras, des récitals, des documentaires et des master classes en très haute qualité vous permettant d’écouter les plus belles voix de contre-ténor depuis chez vous et de plonger dans le répertoire fascinant qui lui est dédié.
Vous pourrez notamment y découvrir la production de Giulio Cesare dirigée par Emmanuelle Haïm, avec Philippe Jaroussky dans le rôle-titre. Il incarne un César à la fois guerrier et séducteur dans une mise en scène sobre, qui magnifie le magnétisme scénique des chanteurs.
Autre joyau de la collection medici.tv, la version d’Orphée et Eurydice dirigée par Hartmut Haenchen, avec Jochen Kowalski dans le rôle-titre, à Covent Garden, s’impose comme une interprétation de référence. Elle révèle toute la richesse de l’orchestration, tout en mettant en lumière la performance de Jochen Kowalski, dont l’Orphée s’avère aussi intense que sensible.
Cette expressivité, caractéristique de l’art du contre-ténor, se retrouve également dans les créations des Arts Florissants. On peut l’apprécier dans la performance de Carlo Vistoli dans Un Jardin à l'italienne, une création de William Christie et Paul Agnew mettant en scène les meilleurs jeunes chanteurs lyriques de leur génération.
Vous pourrez aussi découvrir une facette moderne et audacieuse du répertoire pour contre-ténor avec le concert de Jakub Józef Orliński et de l’ensemble Il Pomo d’Oro, autour des plus beaux airs baroques : une véritable démonstration de virtuosité et d’énergie.
Profitez des interprétations des plus grands contre-ténors comme Max Emanuel Cencic, Franco Fagioli, Andreas Scholl, Bejun Mehta, ou encore David Daniels dans les playlistes medici.tv spécialement conçues pour vous en donner le plus bel aperçu. Admirez les voix de contre-ténor les plus haut perchées avec le documentaire La voix des anges : les héritiers de Farinelli ou savourez les meilleures interprétations par les meilleurs artistes dans la playliste sur cette page...







