Créé en 1843 à la Scala de Milan, I Lombardi alla prima crociata est le quatrième opéra de Giuseppe Verdi. Sur un livret de Temistocle Solera inspiré du poème de Tommaso Grossi, l’œuvre mêle rivalité familiale, histoire d’amour et épopée guerrière... Dans le sillage du succès de Nabucco, Verdi y déploie une musique vibrante et de puissants ensembles chorals, tout en composant avec la censure de l’époque. Quelques années plus tard, il remanie l’opéra pour Paris : créé en 1847 sous le titre Jérusalem, cette nouvelle version témoigne déjà de la capacité du compositeur à adapter son art à des traditions musicales différentes.

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I Lombardi alla prima crociata (Les Lombards à la première croisade) est un drame lyrique en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret de Temistocle Solera. L'œuvre est créée le 11 février 1843 au Teatro alla Scala de Milan. Il s'agit du quatrième opéra de Verdi, dont le Nabucco a connu un immense succès l'année précédente, et qui compose ici sur une nouvelle commande du directeur de la Scala, Bartolomeo Merelli. Pour bâtir son livret, Solera puise dans le poème épique en 15 chants de Tommaso Grossi, qui narre la croisade des Lombards, et en tire un argument où s'entrelacent trois histoires : la rivalité meurtrière de deux frères, Pagano et Arvino, épris tous deux de la même femme ; l'amour de Giselda, fille d'Arvino, pour un guerrier musulman, Oronte, qu'elle finit par convertir ; et, en toile de fond, la conquête de Jérusalem par les croisés lombards.

Une censure inattendue

Comme Nabucco l'année précédente, I Lombardi alla prima crociata joue sur la corde patriotique, dans un climat marqué par l'occupation autrichienne de la Lombardie. Le sujet inquiète moins la police que l'Église : l'archevêque de Milan s'émeut de rumeurs selon lesquelles l'ouvrage reproduirait des éléments de la liturgie catholique sur scène. Verdi, qui refuse de retoucher sa musique, accepte néanmoins une modification textuelle : sur l'insistance de la censure, la prière du premier acte, initialement intitulée « Ave Maria », devient « Salve Maria ». Malgré ces tensions, la création remporte un vif succès, porté par des pages devenues emblématiques, comme le trio du troisième acte ou le finale choral célébrant la délivrance de Jérusalem, dans la lignée du fameux « Va, pensiero » de Nabucco. Quelques années plus tard, en 1847, Verdi remanie l'œuvre pour l'Opéra de Paris : sur un nouveau livret français d'Alphonse Royer et Gustave Vaëz, largement réécrit par rapport à l'original italien, l'ouvrage devient Jérusalem et est créé en 1847. Cette version, conçue dans l'esprit du grand opéra à la française, témoigne de la capacité de Verdi à adapter ses premières œuvres aux codes d'une autre scène, quelques années seulement après ses débuts.

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