Master classe

Yuri Bashmet, jouer et enseigner (l'alto)

Les Leçons particulières de musique

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Casting

Boris Baraz — Violoncelliste (élève)

Claire Bobij — Altiste (élève)

Andrei Gridchuk — Altiste

Mikhail Muntian — Pianiste

Danilo Rossi — Altiste (élève)

Olivier Bernager — Une collection de

François Manceaux — Une collection de

Programme

Cette masterclass nous conte le parcours de Yuri Bashmet, un altiste surdoué, artiste turbulent, témoin et passeur d'une rigueur dans l'interprétation propre à la tradition russe. Yuri Bashmet marie la « sévérité » et la « sensibilité » et nous projette aux confins du sublime musical.

Contrairement à l'image usée du petit génie russe enfermé dans un conservatoire pour surdoués, le jeune Yuri ne se savait pas destiné au monde confiné de la musique classique. Adoiescent. il se forme à l'école de Jimi Hendrix et des Beatles, joue du rock à la guitare électrique dans les boîtes de nuit de Lvov (Ukraine). Dans ces années qui ont vu mourir le stalinisme et naître la perestroïka, il n'est sûr que d'une chose: la musique et lui ne font qu'un. 1970, il n'a pas vingt ans, la musique classique l'attire. Le violon bien sûr, le conservatoire, sa famille ne s'y oppose pas. Il se confie à un ami bien informé qui lui explique qu'il y a trop de violonistes et qu'il finira de toute façon à l'alto. Yuri ne barguigne pas et commence tout de suite à faire ses gammes sur cet instrument dont l'expression ne tarde pas a le fasciner. Il en rêve... et telle est l'une des histoires que relate le beau film de Jacques Deschamps, à la fois portrait attachant et « Leçon particulière de musique » donnée à Montpellier à notre invitation.

Tourné durant l'été 1990, alors qu'il est reconnu à l'Ouest comme l'un des altistes les plus demandés du monde, Yuri Bashmet est généreusement accueilli par Montpellier avec l'ensemble des « Solistes de Moscou » qu'il dirige, profitant de la Glasnost pour sortir librement d'URSS, à l'instar d'autres artistes et intellectuels russes à ce moment-là. Voici donc le flamboyant altiste, la chevelure en bataille et le regard mouillé, en répétition avec les Solistes de Moscou, rebaptisés « Solistes de Moscou-Montpellier » pour l'occasion. Dans ce film conduit prestissimo, le voici tour à tour face à des altistes débutants et à des musiciens confirmés dont certains font partie de son ensemble. Comme la musique est affaire de famille, on le retrouve dans sa datcha improvisée de Palavas-les-Flots, qui donne directement sur la plage. Il joue Schubert accompagné par sa fille de dix ans, laquelle reçoit courageusement des conseils d'interprétation plutôt sévères. Sa manière ? La liberté, une technique sans faille et une musicalité qui transparaît dans chaque mot, dans chaque note jouée en guise d'exemple... Pédagogie ? Il brutalise gentiment ses élèves sans jamais leur laisser ressentir une quelconque forme de supériorité. Sans doute est-ce une des composantes de la sensibilité Russe que de considérer l'amitié comme un ressort de la création. Mais souvenons-nous aussi que ce virtuose dans l'âme, au moment où nous le filmons, n'a pas vraiment d'idées sur la pédagogie si ce n'est par comparaison avec celles auxquelles il s'est confronté durant ses études au Conservatoire de Moscou chez l'illustre Feodor Druzhinin. Il suffit de le regarder faire, disent ses musiciens, pour comprendre un peu mieux et aller beaucoup plus loin dans l'exécution musicale. La parole ne transmet pas toujours la musique : Bashmet, à défaut de dire les choses, les mime. Le plus souvent, il se précipite sur l'alto de l'élève et joue : le son s'épanouit même avec des instruments médiocres et la musique envahit l'écran.

Le film est aussi ponctué par l'interprétation de quelques chefs-d'œuvre: l'Arpeggione de Schubert, la Sonate en fa mineur de Brahms avec le magnifique Mikhaii Muntian, des répétitions avec son orchestre. Quoi qu'il joue, quoi qu'il fasse. il se dégage toujours la même impression : urgence et concentration. Quelques mesures du Lachrymee de Benjamin Britten ponctuent cette leçon particulière. Elles sont d'une intensité à vous tirer des larmes et résument à elles seules toute l'âme de cet ange musicien.

Les Leçons particulières de musique : douze émissions qui ont marqué la télévision française entre 1987 et 1991. Pour Oliver Bernager et François Manceaux, il s'agissait de saisir le vif de l'art des interprètes les plus importants de notre temps en situation de concert et surtout, d'enseignement.

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