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Claudio Abbado dirige la Symphonie n°8 de Beethoven

Berliner Philharmoniker

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Abbado et l'Orchestre Philharmonique de Berlin dans l'intégrale des symphonies de Beethoven : le sourire bienvenu ou la Huitième symphonie

La Symphonie n°8 en fa majeur op. 93 est aussi différente musicalement de la Septième que proche dans le temps puisqu'elle est achevée cinq mois après seulement. Elle est écrite pendant le séjour du compositeur dans une ville d'eaux où il s'éprend d'Amélie Sebald, une cantatrice berlinoise. Elle est jouée pour la première fois devant le public viennois le 27 février 1814. Comme la Quatrième, elle semble prise entre deux feux, l'ampleur dionysiaque de la Septième et l'universalité titanesque de la Neuvième. Le caractère insouciant de la « petite symphonie », comme l'appelait le compositeur lui-même, ne doit pas faire oublier son sourire bienvenu.

"Avec Beethoven, on n'a jamais fini d'apprendre"

C'est ce qu'affirme Claudio Abbado qui a sans cesse remis sur le métier l'œuvre symphonique du maître de Bonn (1770-1827). Même s'il a été directeur de la Scala de Milan pendant plus de quinze ans, ce qui lui a valu la renommée d'un chef d'opéra hors pair, le répertoire allemand et viennois lui est familier depuis ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne.

Il fait ses premières armes de chef à la Scala à vingt-sept ans, à l'occasion du tricentenaire d'Alessandro Scarlatti. Puis, c'est le Premier Prix au Concours Mitropoulos à New York, l'invitation de Karajan à diriger à Salzbourg et ses débuts devant l'Orchestre Philharmonique de Vienne avec la Deuxième Symphonie de Mahler. C'est avec ce même orchestre qu'il enregistrera de 1985 à 1988 sa première intégrale des symphonies de Beethoven.

Mais ses relations avec la formation viennoise connaissent des hauts et des bas, contrairement à celles qu'il noue avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin en 1966. Trente ans plus tard, en 1989, il prendra la succession de Karajan à la tête de la prestigieuse phalange, poste qu'il conservera jusqu'en 2002. Avec les musiciens berlinois, il enregistre pour la seconde fois l'intégrale des symphonies de Beethoven (Deutsche Grammophon, 2000) puis la donne en concert à l'Académie Sainte Cécile de Rome du 5 janvier au 15 février 2001. C'est cette série mémorable qui a été filmée à Rome, à l'exception de la Neuvième Symphonie captée elle à Berlin.

Le monument beethovenien

Ce monument auquel est tant attaché Claudio Abbado, Beethoven l'a bâti en moins d'un quart de siècle, de 1799 à 1823 : il écrit la Première symphonie à trente ans, la Neuvième à cinquante-quatre. Avec Beethoven, s'éteint l'ère des symphonistes qui composaient, tel Haydn, jusqu'à une centaine de symphonies. Dorénavant les musiciens livreront une dizaine de symphonies, chacune étant parée de sa propre personnalité.

Ce monument, s'il est imposant, est familier : les symphonies de Beethoven représentent dans la musique occidentale ce qui parle le plus immédiatement au public le plus large. Pour cette raison, elles ont été largement utilisées à des fins politiques (l'Ode à la joie de la Neuvième est l'hymne officiel européen), commerciales (la publicité) ou cinématographiques (Orange mécanique de Stanley Kubrick, entre autres).

Symboles de liberté, actes d'indépendance, elles représentent un formidable pari sur la dignité de l'homme, qui, en retour, se reconnaît en chacune d'elles. C'est ainsi qu'Abbado dirige ces œuvres, avec une majesté qui préfère le sublime à l'émotion immédiate. Et grâce aux sonorités inouïes qu'il tire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, la beauté devient une victoire de l'homme.

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